Haïti-Éducation - L’ODD 4 et défis
- 13 juin 2020
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Dernière mise à jour : 2 juil. 2020

L’objectif de cet article est d’introduire ce rayon du blog en mettant l’emphase sur certains défis du système éducatif en Haïti, au gré du 4e des 17 priorités définies par l’ONU dans le cadre des ODD-2030 : ÉDUCATION DE QUALITÉ.
Les exigences de ce siècle préconisent l’urgente nécessité de développer chez l’écolier le sens de l’initiative, l’esprit d’équipe et des facultés d’observation scientifique qui requièrent des changements de comportements dans la manière traditionnelle de diffusion de connaissance. Le Ministère de l'Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) se doit se doter des moyens de former les enseignants de la nouvelle génération, qui seront des transmetteurs d’un savoir vivant, en commun accord avec l’environnement socioéconomique de l’élève.
L’éducation est le plus sûr chemin à travers lequel l’apprenant est amené à devenir un vrai citoyen. Elle fortifie le cœur et les esprits en développant l’être humain sous ses différentes dimensions : relationnelles, physiques, intellectuelles. Et tout ceci implique une éducation de qualité incorporant des pratiques pédagogiques tenant compte de ces dimensions.
Ainsi, dans la définition des Objectifs de Développement Durable, d’un point de vue environnemental, économiquement prospère, inclusif et prévisible, fixé à horizon 2030, l’ONU confère à l’éducation de qualité une priorité entière.
Mais avant d’introduire cette priorité, rappelons ces données publiées par l’UNESCO[1] sur l’éducation en Haïti :
Selon l’étude sur les enfants en dehors du système scolaire (2017), presque 2 enfants sur 10 de 6 à 11 ans ne fréquentent pas l’école primaire et environ 6 enfants sur 10, âgés de 6 ans, entrent en 1ere année.
Le taux net de scolarisation dans le primaire est plus faible dans les zones rurales (80 pour cent) que dans les zones urbaines (91 pour cent) et nettement plus faible dans certains départements.
80 pour cent des enfants qui abandonnent l’école sont des « surâgés ».
Seuls 68 pour cent des enfants issus des ménages les plus pauvres fréquentent l’école primaire contre 92 pour cent chez les ménages les plus riches et le niveau des apprentissages reste très bas.
En Haïti, seulement 63 pour cent des enfants de 36-59 mois fréquentent un programme d’éducation préscolaire.
L’offre éducative est principalement non publique, avec plus de 80 pour cent des écoles appartenant au secteur non public.
La priorité 4 se définie textuellement ainsi : (lien : https://sdg.pentagonecg.com/2018/04/16/odd4/)
La cible 4.7 de l’ODD 4 stipule :
D’ici à 2030, faire en sorte que tous les élèves acquièrent les connaissances et compétences nécessaires pour promouvoir le développement durable, notamment par l’éducation en faveur du développement et de modes de vie durables, des droits de l’homme, de l’égalité des sexes, de la promotion d’une culture de paix et de non-violence, de la citoyenneté mondiale et de l’appréciation de la diversité culturelle et de la contribution de la culture au développement durable.
Il est donc urgent de faire une révolution de l'apprentissage en Haïti. Et celle-ci passera forcément par les enseignants.
En effet, l’un des principaux résultats attendus dans les principaux projets de soutien pédagogique orchestré par, entre autres, les ONG en Haïti est un changement progressif dans les pratiques pédagogiques des enseignants dans les salles de classe. Des méthodes de formation continue opérationnalisée avec des encadreurs pédagogiques allant sur place pour accompagner les enseignants ont été développées à cette fin. Elles se sont souvent avérées efficaces mais peu durables.
Dans bon nombre de zones les problèmes demeurent entiers. Il faut d’abord trouver comment initier ce changement dans les formations initiales reçues par ces enseignants eux-mêmes. Les enseignants ont-ils été d’abord formés sur les méthodes d’apprentissage centré sur l’enfant. Car sans çela, comment sauront-ils répliquer ces nouvelles méthodes d’accompagnement de l’apprenant visant une portée individualisée permettant l’échange des valeurs prescrites dans l’ODD 4.
Mais encore, au-delà des éléments de solution qui s’appliquent, il faudra pouvoir mesurer l’évolution de l’adoption de ces nouvelles pratiques. Comment ? Comment mesurer ce changement ? Est-ce que ce changement prendra en compte les réalités des enseignants (niveau académique, niveau de vie, irrégularité de salaire, et autres) ? Aussi, comment comprendre si les élèves se sentent désormais engagés et participent activement dans leur apprentissage ? Comment reconnaitre si les enseignants arrivent à appliquer les consignes reçues en formation ? Comment suivre l’évolution du changement au niveau des techniques d’apprentissage des élèves dans les salles de classe.
Ce sont un ensemble de questions, auxquelles des éléments de solution ont peut-être été élaborés dans des projets d’ONG, visant une poignée d’école. Mais, il demeure nécessaire que le MENFP permette, en ce qui concerne les pratiques pédagogiques, l’effectivité des changements souhaités dans toutes les écoles et fasse le suivi des résultats. Au risque d’une énième hypothèque sur l’avenir de ce pays.
Nathanaël Delva
Planificateur
Associé-Membre fondateur de Pentagone Consulting Group

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